CARNET DES JOURS SUIVANTS 1001 à ...
- Emmanuelle Cordoliani

- 5 févr.
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Dernière mise à jour : il y a 8 heures

Oublié le déjeuner
Dans son petit sac
Mais pas la lettre de condoléances
Il comprend qu’il ne relira pas les lettres. Vider la cave l’a vidé de ce devoir. Il faudrait tout relire, mais il est mort avec le père, ce « il » qui faudrait. Qu’il fallait. Qu’il fallût. Qu’il phallus. Dans un seul petit carton, il conserve quelques objets totémiques, quelques papiers, quelques masques anciens. Il n’est pas sûr qu’il s’expose encore à l’intensité de leur regard. Pas sûr. Le carton n’est pas fermé, mais la cave est vendue dans le lot de l’appartement de sa nouvelle vie d’alors. Les masques dépassent. Tant qu’il est seul, ils sont dissimulés par la table. Ils réapparaissent chaque fois qu’il donne un dîner. Avec l’aide des invités, il tire la table au centre de la pièce et le carton est dévoilé. Il raconte la cave, les lettres, l’autrefois. On dîne légèrement sous l’œil des ancêtres. C’est un dernier petit carton. Il n’empêche pas la vie d’à présent. On prendra garde à ne pas cogner dans le carton en remettant la table en place : « ça rentre tout juste ».
Tout à coup, ça parle De madame Columbo au comptoir On la voit seulement dans la parole Comme Dieu, mais à la télévision Tout à coup, ça parle
À l’arrière de ta tête Tu gardes la nuit Entremêlée à tes cheveux.




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